« Réinventer la Seine », « Hubs du Grand Paris » : booster l’innovation ouverte en aménagement

« Réinventer la Seine », « Hubs du Grand Paris » : booster l’innovation ouverte en aménagement

Les acteurs publics appuient encore sur l’accélérateur pour penser les projets d’aménagement de manière plus ouverte. Aux acteurs de faire en sorte que ce mouvement soit irréversible et finissent par faire évoluer la réglementation.

Mais de quels acteurs et de quelle réglementation parle-t-on ?

Du côté des acteurs, on se rend bien compte que tous n’appellent pas de leurs vœux cette révolution culturelle. Il est à noter qu’on en retrouve quelques-uns parmi eux, une minorité, qui tirent à boulets rouges contre l’inflation des normes en architecture. Comment peut-on appeler de ses vœux des normes moins contraignantes et dans le même temps décrier des appels à projets plus ouverts ? Parmi les acteurs identifiés de la chaîne immobilière, d’autres sont plus pragmatiques et cherchent à s’adapter à cette nouvelle donne. Enfin, il y a une troisième catégorie d’acteurs, plutôt issue de la génération Y et du monde de la débrouille, qui voient dans ces appels à projets une manière de faire parler leur créativité, d’y trouver des caisses de résonance et d’y nouer des partenariats. Attention toutefois, cette génération Y n’est pas née de la dernière pluie et cherche à équilibrer les relations avec les acteurs traditionnels, qui pour beaucoup, y sont tout à fait favorables.

En ce qui concerne la réglementation, il ne s’agit pas bien sur uniquement de ce qui encadre les marchés publics de réponses aux appels d’offres et autres concours d’architectes. Les appels à projets ouverts vont indéniablement influer sur la remise en cause de normes trop restrictives qui jusqu’à maintenant « faisaient », phagocytaient les projets. Les appels à projets ouverts sont comme une boîte de pandore. Une fois ouverte, il est difficile de la contrôler. Et c’est tant mieux. La créativité est à l’opposé de la stabilité. Les projets ont trop longtemps souffert de leur manque d’imagination. La période qui s’ouvre est une période débridée qui permet une plus grande audace. Elle est d’ailleurs associée à la notion d’expérimentation. Et c’est le prochain saut qualitatif que devra réaliser la puissance publique dans le cadre de ces appels à projets. « Réinventer Paris » I a permis d’engager la dynamique de l’innovation ouverte à grande échelle. La programmation y est plus audacieuse, les formes secondaires (et c’est tant mieux), mais la notion d’expérimentation n’y figure pas encore. Hors, c’est le nouveau défi que doivent s’imposer les acteurs publics. Pourquoi ? Du fait de l’obsolescence accélérée des usages qui oblige à penser les projets de façon hybride et réversible dans le temps et dans l’espace. Et surtout d’y associer l’utilisateur final dès la phase de conception.

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