Pourquoi relier les dynamiques des grands investisseurs à celles des acteurs dits « alternatifs » ?

Pourquoi relier les dynamiques des grands investisseurs à celles des acteurs dits « alternatifs » ?

Le Conseil de Développement de la Métropole du Grand Paris verra le jour en juin 2016 . La Région Ile-de-France a annoncé fin 2015 qu’elle allait lancer une instance consultative du même ordre. Leur point commun : la prééminence des acteurs socio-économiques hyper identifiés ; parmi les acteurs sociaux, en général des instances vidées de leur contenu et parmi les acteurs économiques, la prééminence des grands-comptes de l’industrie et des services. Leur présence est indispensable, le problème n’est pas là. Le problème est qu’un panel d’acteurs, qui proposent des alternatives innovantes et en phase avec les dynamiques sociale et économique de la société, n’y soit pas représenté.

L’enjeu est de relier les innovations issues d’acteurs émergents aux logiques des grands investisseurs et des acteurs institutionnels. Pourquoi ? Car une multitude de petits acteurs (tiers lieux, makers spaces, fabriques culturelles, start up…) sont en train de réinventer notre rapport au travail, à la production, à la consommation, à l’habitat, à la mobilité… Et cela va bien au-delà du concept tarte à la crème d’uberisation de l’économie. Ils préfigurent ce que seront les usages de la société de demain (des innovations technologique et sociétale aux nouveaux business models). Croiser leur vision avec celles des acteurs traditionnels, c’est enrichir notre connaissance des spécificités fortes de la société actuelle, qui structureront la vie de tous. Aussi parce que les grands investisseurs, c’est nous tous. L’argent drainé par les marchés provient en grande majorité des particuliers. La boucle sera bouclée quand les investissements permettront aux nouvelles pratiques à l’œuvre dans la société, de se développer à grande échelle (économie circulaire, up cycling, hybridation programmatique, innovation technologique croisée entre enjeux financiers et enjeux sociaux…).

Se priver de ces acteurs c’est ce priver de l’innovation sous tous ses formes (sociétale, technologique, financière, juridique, intérêt général…), qui préfigurent la société en train de s’inventer (en dehors des girons de la sphère publique ?). Si elle ne se cantonne qu’à un niveau de décision et sociologique stratosphérique, alors nous n’aurions pas tiré les enseignements de l’imprimerie de Gutenberg. Voulons-nous être les nouveaux moines érudits enfermés dans leur tour d’ivoire, qui conservons le savoir ou voulons-nous être les pasteurs de la connaissance en permettant son accès à tous ? L’innovation est intrinsèquement liée à son hyper démocratisation. L’innovation aujourd’hui c’est permettre à tous de s’en emparer pour développer les services et les produits de demain. Et cela ne peut pas se produire dans des cercles fermés (illustration © Simon Berger).

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