La « gouvernance inversée » : nouvelle panacée des projets

La « gouvernance inversée » : nouvelle panacée des projets

La « gouvernance inversée »(© ville hybride) c’est la façon dont la société civile s’organise consciemment ou par accident pour transformer la Cité. Elle s’appuie sur des compétences habitantes pointues qu’eux seuls détiennent. Cette gouvernance est d’autant plus efficace quand elle a face à elle des acteurs politiques identifiés peu créatifs ou peu propices au partage du pouvoir (la société civile dans ce cas contourne le politique pour aller plus vite et plus efficacement).

La « gouvernance inversée », dans sa version opérationnelle, est directement inspirée de la « classe inversée ». Celle-ci émerge en 2008 alors que des enseignants font le constat que leurs élèves s’ennuient en cours et qu’ils écoutent de moins en moins leurs professeurs (aucun rapport ;). Il s’agit de mettre les cours sur des plateformes type Youtube, pour l’aspect transmissif du savoir, et consacrer la classe à des temps d’échanges, d’approfondissement des notions, d’expériences. Le rapport au savoir est inversé. L’élève apprend et devient enseignant pour ses condisciples. L’enseignant descend de l’estrade et devient un accompagnateur de création de savoir. La société évolue déjà dans ce contexte. L’économie est en train de le mettre en place. L’école va bientôt le faire. La politique n’y coupera pas, à moins de se mettre en dehors du jeu de la société (ce qui n’est pas à exclure).

Dans le secteur de l’urbanisme et de l’architecture en quoi cela consiste ?

Tout d’abord, la « gouvernance inversée » implique la fin de la concertation classique de type exposition du projet aux habitants.

Ensuite, elle redéfinit le rôle des élus et des techniciens. Tels les enseignants ils deviennent des accompagnateurs de la création des projets.

Concernant les habitants, il s’agit de mettre en ligne de manière pédagogique et ludique les éléments de diagnostic des projets pour affiner celui-ci. Ensuite, de les réunir sur les grandes thématiques des projets (par exemple : appropriation des espaces publics, usages liés à l’énergie, aux déchets, à la mobilité…) pour faire part de propositions.

Bien sur il ne s’agit pas seulement de demander aux habitants de regarder des vidéos sur internet et d’en discuter ensuite. Cela, ça ne marche pas. Il s’agit de demander aux habitants d’aller chercher la connaissance en dehors des canaux communiqués, de la rassembler et d’en faire une présentation aux autres habitants (pour accroître leur intérêt et leur appropriation du processus de conception). Le présentiel d’enseignement hybride est par ailleurs indispensable. C’est le moment de co-construction des différentes étapes du projet : du diagnostic à l’exploitation.

Cette évolution est inéluctable. Elle est déjà inscrite dans la société. Le seul élément qui peut la freiner, paradoxalement, c’est la classe politique. Et qu’on ne m’objecte pas que le poids de je ne sais quelle tradition historique ou sociale nous empêcherait de la mettre en place. Cette dynamique est déjà à l’œuvre.

Categories:

innovation, société