L’hybridation programmatique pour répondre à l’enjeu des usages innovants

L’hybridation programmatique pour répondre à l’enjeu des usages innovants

Illustration  : performance de Joe O’connell (San Antonio-Texas)

L’hybridation programmatique constitue une réponse à :

-la nécessité du décloisonnement programmatique, à l’échelle du bâtiment voire de l’unité d’habitation, du local tertiaire, d’activité ou de commerce, pour répondre aux évolutions des modes de vie,

-la problématique d’obsolescence accélérée des usages, qui peut voir des bâtiments périmés avant même la fin de leur construction.

L’hybridation programmatique prend ses racines dans l’effacement des fonctions traditionnelles (logement, activité, tertiaire, commerce, culture, loisirs).

L’hybridation programmatique est produite par :

–          l’estompement entre vie privée et vie professionnelle,

–          un rapport plus éphémère à l’espace (issu de notre rapport au numérique) et à l’incrustation progressive du numérique dans le réel,

–          une volonté d’émancipation à l’égard des organisations public et privé traditionnelles.

L’hybridation programmatique fait émerger des lieux…hybrides, dont la dénomination exacte n’existe pas, mais qui se définissent au croisement des fonctions traditionnelles (logement, travail, loisirs, formation…). Ces lieux sont par ailleurs davantage que la somme de deux fonctions. Ils répondent soit à des impératifs économiques soit à des modes d’organisation du travail plus transversaux, soit à la nécessité de regrouper des écosystèmes complexes, dont la créativité, la productivité reposent sur la mise en commun de lieux et d’équipements. La définition du travail n’y répond plus aux mêmes critères que dans les organisations traditionnelles. Les statuts des personnes que l’on croise sont très variés (salariés, auto-entrepreneurs, habitants, écoliers, détachés de l’administration, artistes…). Le travail s’apparente plus à une notion d’activité certes rémunérée mais détachée des contraintes hiérarchiques voire contractuelles.

Ces lieux hybrides ne sont pas que la version contemporaine du monde du travail. On y trouve également des usages de « récréation », de loisirs, d’apprentissage, de création, d’exposition, d’animations, d’échanges informels qui laissent à penser que l’on se trouve dans un lieu plutôt dédié au divertissement. Ce « divertissement productif » est l’une des manifestations de l’hybridation programmatique qui ne peut enfermer un lieu dans une fonction rigide. Le lieu hybride déstabilise nos repères traditionnels.

L’hybridation programmatique constitue le préalable pour définir finement les usages du « bâtiment mutable ». Le « bâtiment mutable » a la capacité technique de se transformer mais il ne peut pas le faire seul. La méthode repose sur « l’innovation ouverte centrée usagers », qui permet de définir entre concepteurs et usagers les fonctions d’un lieu, au gré de son cycle de vie. Ces lieux hybrides, dont les tiers lieux sont la figure d’avant-garde, sont parfaitement productibles dans des processus d’innovation ouverte centrée usagers, dans la mesure d’une compréhension fine des enjeux locaux.

 

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