concept

hybride : terme de physiologie. Qui provient de deux espèces différentes. Plantes hybrides, plantes dont la graine provient d’un végétal qui, au lieu d’être fécondée par sa propre espèce l’a été par une autre.

La ville hybride est à l’opposé de la consanguinité, des cercles constitués fermés. Elle se conçoit et se développe sur le mode de l’innovation ouverte : elle réunit des personnes issues d’horizons diamétralement opposés. Dans quel but ? Pour vitaliser les modèles de conception et de production urbaine. L’essentiel ce n’est pas le but c’est le cheminement (le diagnostic partagé, le sens donné aux projets, la stratégie ouverte et partagée de mise en œuvre, l’hybridation programmatique, l’adaptation à l’obsolescence accélérée des usages).

La ville hybride c’est trois éléments fondamentaux :

→ la mutation de la ville constituée vers les nouveaux modes d’habiter, de travailler, de produire, de consommer, de se déplacer,

→ le croisement entre la vision des élus, des maîtres d’ouvrage privés, de la compétence d’usages (innovants, quotidiens, dévalorisés) des « habitants* » et de l’expertise des techniciens (maîtres d’œuvre).

La Ville hybride c’est aussi ce nouvel espace, hybridation du monde physique et du monde numérique (croisant réalité augmentée et géolocalisation), qui va de plus en plus impacter la programmation des projets.

La Ville hybride se définit enfin par opposition à la smart city (vision lisse et sans aspérité de la ville qui ne correspond à aucune sociologie, réalité, histoire des territoires). L’innovation ne s’y réduit pas à la version contemporaine d’un super calculateur d’optimisation de l’existant en termes de flux. L’innovation challenge au contraire le modèle traditionnel de la fabrique urbaine (conception, coût, gestion). L’habitant, l’usager temporaire y sont contributeurs. Chacun peut y innover grâce aux données ouvertes, accessibles à tous (à tous !).

La Ville hybride ce n’est pas non plus l’ubérisation de l’économie sans garde fou. Aux acteurs émergents de créer la valeur, aux institutions d’y inventer les nouveaux modes de redistribution.

*ceux qui résident, travaillent, « zonent », créent, innovent (ou tout à la fois).